Contre l'excision et la circoncision


Un livre de S. Aldeeb

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Mars 2001

L'ouvrage de

Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh


Circoncision masculine - Circoncision féminine
débat religieux, médical, social et juridique

Editeur: L'Harmattan, Paris, 24x16 cm, 539 pages

Prix: 290 Francs français

peut être commandé sur internet:

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email: harmat@worldnet.fr

Site personnel de l'auteur: http://go.to/nonviolence

Voir aussi: http://members.nbci.com/nonviolence/Sami/articles/livre.htm

Sami Aldeeb, doctor in law
Staff legal adviser
Swiss Institute of Comparative Law, Lausanne

e-mail: Sami.Aldeeb@isdc-dfjp.unil.ch

Préface
par
Linda Weil-Curiel
Avocate au Barreau de Paris


La violence au nom du sacré, violence toujours illégitime et pourtant
légitimée par le respect de la tradition sacralisée, voilà ce que dénonce
avec force M. Aldeeb Abu-Sahlieh en décortiquant les textes des religions
dont l'interprétation a permis aux clercs de tous bords de sacrifier tant
de victimes, impuissantes devant le couteau.

L'un des mérites de cet ouvrage savant est de nous éclairer sur les
différentes lectures des écritures et de montrer comment les hommes ont
favorisé si souvent le recours à la blessure pour marquer leur attachement
religieux. Ce faisant, il n'épargne aucune catégorie d'agents
perpétuateurs, qui se recrutent aussi chez les chrétiens, de la torture que
constitue la pratique de la circoncision des garçons et de l'excision voire
de l'infibulation des filles. Car tous sont responsables et coupables: ceux
qui prêchent ou disent le droit, celui ou celle qui tient l'arme qui
blesse, tout comme ceux qui réclament la coupureet qui savent la souffrance
que va subir la chair de leur chair pour l'avoir eux-mêmes éprouvée. Comme
si lacoupure pouvait être source de bénéfice pour l'enfant soumis de force
au marquage presque toujours indélébile de son corps, quand il n'en meurt pas.

Et quel bénéfice la communauté des humains peut-elle tirer de cette
violence? La pureté? Une élévation spirituelle? Allons donc! Ce marquage
des corps asservit puisqu'il tend à enfermer les individus dans une
catégorie sans leur consentement, en violant leur intégrité physique, et
leur assigne une place, un rôle social auquel ils vont devoir se conformer.

Cette dernière réflexion s'applique surtout à la mutilation subie par les
filles qui de ce fait deviennent des reproductrices privées de
l'épanouissement sexuel et du bien-être psychique qui l'accompagne. Outre
l'indignation devant l'agression intolérable infligée à ces enfants sans
défense dans notre société qui se veut égalitaire et laïque, c'est aussi la
volonté d'inscrire dans les faits par des décisions de Justice que la loi
de la République ne saurait tolérer de distinction dans la protection
qu'elle garantit aux enfants, quelle que soit la couleur de leur peau et
quelles que soient les convictions de leurs parents, qui a motivé mon
engagement dans le combat contre les mutilations sexuelles pratiquées en
France.
J'admets que jusqu'à présent ce combat personnel s'est cantonné aux
mutilations sexuelles féminines, qui me sont apparues plus drastiques que
la circoncision, même si je désapprouve totalement la circoncision des
garçons. Or, j'ai appris par cet ouvrage que des formes de circoncision
masculine tout aussi pénalisantes étaient pratiquées, ce qui renforce ma
conviction qu'il faut s'employer à éliminer toutes ces agressions
auxquelles des adultes soumettent le corps des enfants.
Est-il un espoir de voir disparaître ces pratiques attentatoires à la
dignité humaine alors que les sociétés se fondent et se réfugient dans
leurs rites? Pourquoi pas si la raison et la bienveillance prennent le pas
sur la superstition et les élucubrations, en laissant parler notre voix
intérieure qui dicte d'ouvrir son c¦ur plutôt que d'abîmer.
C'est la leçon que j'ai retenue de ce magistral ouvrage.


Introduction


Une grande foule de femmes, d'hommes et d'enfants se massait devant la
maison de notre voisin musulman. On distribuait des bonbons pendant que
retentissaient, mêlés à des cris stridents d'enfants, les chants des femmes
à l'intérieur et à l'extérieur de la maison. J'ai demandé à mes parents:
Que se passe-t-il? Pourquoi les cris des enfants s'élèvent à l'intérieur?
Est-ce parce que certains enfants sont privés de bonbons? Ils m'ont alors
expliqué que les enfants se faisaient circoncire.

J'avais cinq ans. Je venais d'assister à une circoncision sans en
comprendre le sens en raison de mon âge et de mon appartenance à une
famille chrétienne qui ne circoncit pas ses enfants. J'en garde encore le
souvenir malgré les années et les distances qui me séparent de cet
événement: une fête où certains se réjouissent alors que d'autres pleurent!
En 1992, pendant que je faisais ma tournée dans les librairies du Caire,
j'ai aperçu un livre en arabe dont le titre était: La circoncision
masculine et féminine du point de vue musulman. Sur la couverture étaient
dessinés un garçon et une fille entre lesquels passait un couteau rouge. Le
titre m'a rappelé mes souvenirs de jeunesse et m'a intrigué: on pratiquait
non seulement la circoncision masculine, mais aussi la circoncision
féminine! Chose que j'ignorais complètement. Après de longues hésitations,
j'ai fini par l'acheter. Mais au lieu de le lire, je l'ai caché au fond de
ma bibliothèque, loin de mes yeux.

Quelques mois plus tard, j'ai été contacté par l'association libyenne
Nord-Sud à participer en tant que conférencier à un colloque sur les droits
de l'enfant qu'elle organisait en collaboration avec le Département de
sociologie de l'Université de Genève. J'ai proposé alors aux organisateurs
de choisir un des deux sujets: le droit de l'enfant à une éducation
pacifique ou les mutilations sexuelles des enfants. A ma grande surprise,
les organisateurs ont choisi ce dernier sujet dont je ne savais absolument
rien, à part mes souvenirs de jeunesse. Il me fallait donc dénicher le
livre acheté au Caire et me mettre au travail pour préparer ma conférence
qui avait eu lieu trois mois après, du 30 au 31 janvier 1993. C'est ainsi
que j'ai dû lire une quantité impressionnante de documents et rencontrer
des représentants d'organisations travaillant sur ce sujet.

Le colloque s'est réuni comme prévu. Un grand nombre de conférenciers
venant de différents pays y ont participé. Ma conférence était programmée
pour la fin du 1er jour. L'assistance était fatiguée et se préparait à
partir. Mais à peine ai-je commencé ma conférence, j'ai constaté un certain
remous. Des visages souriaient et d'autres se crispaient. A la fin de mon
intervention, la moitié de la salle a applaudi et l'autre moitié était
enragée. Prenant la parole, le président libyen de l'association Nord-Sud a
dit d'un air fâché qu'il lui semblait que l'orateur a oublié l'épisode de
Salman Rushdie en s'attaquant aux convictions religieuses d'autrui. Ce à
quoi j'ai répondu que je considérais ses propos comme une insulte et
j'exigeais de lui qu'il les retire. Mon intention n'était pas d'attaquer
les convictions d'autrui mais de défendre les enfants. Voyant qu'une partie
de l'audience m'était acquise, le président s'est excusé.
Cet épisode m'a ouvert les yeux. Tout naïf que j'étais, je pensais bien
faire en dénonçant la circoncision masculine et féminine; j'ai oublié que
je marchais dans une zone minée pleine de tabous religieux et sexuels. Un
défi m'était lancé: soit je me tais sur ce que je sais en laissant mutiler
quinze millions d'enfants annuellement, soit je m'attaque à cette pratique
en m'engageant à fond. J'ai opté pour cette solution avec le sentiment que
je défendais non seulement les enfants mutilés, mais aussi l'honneur de ma
profession de juriste, profession qui ne protège pas les enfants contre les
mutilations sexuelles. Les juristes, dit-on, ont ceci de commun avec les
champignons: tous deux poussent au frais. Or, comme le combat contre les
mutilations sexuelles ne rapporte rien, à part les ennuis, les juristes
s'en sont lavé les mains. J'ai découvert par la suite que les religieux et
les médecins en font de même.

Depuis ce jour-là, je ne cesse de porter le fardeau des enfants mutilés sur
mon dos. Chaque jour qui passe me fait découvrir de nouveaux amis et de
nouveaux ennemis.

J'ai commencé par publier sous forme de petit fascicule polycopié les
résultats de mes recherches pour le colloque susmentionné, que j'ai envoyé
aux bibliothèques suisses. Cet article a été par la suite publié dans
différentes revues en français, en anglais et en espagnol. J'en ai fait
parvenir un exemplaire à NOCIRC, une organisation américaine qui lutte
contre les mutilations sexuelles aux États-Unis. Sa présidente, Mme Marilyn
Milos, une infirmière qui avait perdu son travail en raison de son
engagement, m'a aussitôt invité à participer au 3ème colloque international
qui s'est tenu du 22 au 25 mai 1994 à l'Université de Maryland aux
États-Unis pour y présenter mon texte.
Le 7 août 1994, pendant que se tenait la conférence de l'ONU sur la
population et le développement au Caire, la CNN a diffusé un film sur la
circoncision d'une jeune fille nommée Najla par un barbier dans un quartier
populaire du Caire. Le jour avant, le président égyptien avait déclaré que
la circoncision féminine avait pratiquement disparu de l'Égypte. Le film en
a apporté un démenti à ses propos et a provoqué des ondes de choc dont les
milieux politiques, religieux et intellectuels égyptiens ne sont pas encore
remis. Il s'en est suivi de nombreuses prises de positions contradictoires.
Tantawi, le mufti d'Égypte, a déclaré que la circoncision féminine n'est
qu'une coutume pharaonique sans aucun lien avec la religion musulmane. De
ce fait, elle relève des médecins qui doivent décider si elle est
préjudiciable ou non. En revanche, Jad-al-Haq (d. 1996), le cheikh de
l'Azhar, le centre musulman égyptien le plus important au monde, a affirmé:
Si une contrée cesse, de commun accord, de pratiquer la circoncision
[masculine et féminine], le chef de l'État lui déclare la guerre car la
circoncision fait partie des rituels de l'islam et de ses spécificités. Ce
qui signifie que la circoncision masculine et féminine sont obligatoires.
Ce débat contradictoire entre les hautes autorités religieuses égyptiennes
était doublé d'une autre contradiction non moins choquante. En effet, la
conférence de l'ONU, tout en condamnant catégoriquement la circoncision
féminine, a gardé le silence concernant la circoncision masculine. Aucune
ONG n'en a parlé et la CNN s'est bien gardée de faire un parallèle entre la
circoncision féminine et la circoncision masculine. Or, aux États-Unis,
environ 3.300 enfants subissent quotidiennement la circoncision masculine.
Ceci m'a intrigué. Pourquoi s'acharne-t-on à condamner la circoncision
féminine et on se tait concernant la circoncision masculine? N'y a-t-il pas
là une discrimination contre les garçons pour une raison ou une autre? J'ai
alors découvert qu'une des raisons de ce silence était la peur d'être
traité d'antisémite si on s'attaque à cette pratique qui fait partie des
convictions religieuses juives.

Du 9 au 11 août 1996, j'ai organisé avec NOCIRC à l'Université de Lausanne
le 4ème colloque international sur les mutilations sexuelles. Du 5 au 7
août 1998, j'ai participé au 5ème colloque international qui s'est tenu à
l'Université d'Oxford. Le 6ème colloque s'est tenu à Sydney en décembre
2000. Ainsi, les colloques se suivent et s'intensifient, réunissant de plus
en plus de participants provenant des cinq continents dont des infirmières,
des médecins, des psychologues, des juristes et de simples activistes tous
unis dans un seul idéal: abolir la circoncision tant masculine que féminine.
En face de ce groupe de pionniers, il y a une pléiade d'ONG qui, sous les
auspices de l'ONU et des gouvernements occidentaux, luttent afin d'abolir
seulement la circoncision féminine. Le nom de cette dernière a été changé
en mutilations sexuelles féminines pour la distinguer nettement de la
circoncision masculine. Ce changement de nom signifiait le refus de se
mêler de la circoncision masculine, sans donner des raisons valables pour
une telle distinction entre les deux pratiques. Toutes deux pourtant
mutilent des organes sexuels sains, sans justification médicale et sans
consentement de la victime. Et à ce titre, ces deux pratiques constituent
une atteinte à l'intégrité physique.

Le présent ouvrage est consacré au débat sur la circoncision masculine et
féminine. Il se base principalement sur un ouvrage plus large de l'auteur,
en langue arabe, publié au Liban.

Cinq parties composent cet ouvrage. La 1ère partie donne une définition de
la circoncision masculine et féminine et détermine les groupes qui les
pratiquent. Suivent quatre parties consacrées au débat religieux, médical,
social et juridique. L'ordre de ces parties est dicté par l'évolution
chronologique du débat.

Pour le croyant, les normes religieuses constituent les principales normes
légales de référence. Quoi qu'en disent les médecins, les sociologues ou
les juristes, le croyant suit ses normes religieuses. Il ferme souvent les
oreilles à toute autre norme positiviste et à tout autre argument.
Sur ce débat religieux, est venu se greffer le débat médical dans lequel
les défenseurs et les opposants ont essayé de justifier médicalement leurs
positions respectives. Les croyants s'en servent pour appuyer leurs
convictions religieuses: "Dieu était sage en nous ordonnant de circoncire
nos enfants. La médecine confirme sa sagesse". Les opposants répondent que
la médecine a été manipulée par des gens intéressés, notamment des médecins
qui courent derrière le profit et par des chercheurs intégristes qui ont
falsifié les données médicales pour justifier leurs livres sacrés. Les
opposants proposent aussi de remédier aux dommages subis par les victimes
de ces pratiques, notamment en développant un système non chirurgical de
restauration des organes mutilés.

Plus tard, les anthropologues, les ethnologues, les sociologues et les
psychiatres ont proposé de dépasser le débat religieux et médical en
examinant les raisons profondes qui poussent les êtres humains à se mutiler
et à mutiler leurs enfants. Ils ont vu que ces pratiques peuvent
s'expliquer par une gamme étendue de raisons allant de la maladie
psychiatrique aux raisons politiques ou économiques. Un activiste a compté
260 raisons. En plus de ces raisons, les différents spécialistes ont essayé
de voir quelle est l'influence de la circoncision masculine et féminine sur
les comportements humains et les moyens sociaux pour y mettre fin.
Le juriste est intervenu en dernier lieu pour dire que la circoncision
masculine et féminine ne relèvent pas de la médecine. Les organes mutilés
sont sains et il n'y a aucune nécessité de les opérer à une si large
échelle: annuellement, environ 13 millions de garçons et 2 millions de
filles. En effet, la grande majorité des hommes et des femmes est intacte
et n'a pas de problèmes. La circoncision est donc une atteinte à
l'intégrité physique qui doit être appréciée à la lumière des principes du
droit, notamment celui du respect des droits de l'homme. Mais le juriste
est freiné par différents facteurs qui l'empêchent de faire respecter ces
principes. Ainsi, il a dû se limiter à condamner la circoncision féminine
et à garder le silence sur la circoncision masculine, surtout pour des
raisons politiques. Ce qui va à l'encontre du principe de la
non-discrimination. Il est aussi freiné par la difficulté à abolir une
pratique millénaire largement suivie par la société et appuyée par les
professionnels de la santé pour des raisons de profit. Il hésite enfin à
ouvrir la porte devant les demandes d'asile politique que provoquerait la
qualification de ces deux pratiques comme contraires aux droits de l'homme.
Le juriste est ainsi partagé entre l'idéal, celui du respect du droit à
l'intégrité physique, et la réalité, celle des facteurs multiples qui
perpétuent la violation de ce droit. Il se rend compte que la loi seule ne
suffit pas pour abolir cette violation; elle doit être accompagnée d'autres
mesures sociales.

Dans son fameux ouvrage adressé au Calife Harun Al-Rashid, le juge
Abu-Yusuf (d. 798) écrit:
Je tiens ce qui suit d'Abu-Bakr Ibn Abd-Allah Al-Hudhali parlant d'après
Al-Hasan Al-Basri: Un homme dit au Calife Umar Ibn-al-Khattab:
"Crains Allah, ô Umar!" et répéta ces mots plusieurs fois.
"Tais-toi, lui dit quelqu'un, voilà plusieurs fois que tu répètes la même chose
au Prince des croyants".
Mais Umar intervenant: "Laisse cet homme tranquille! On fait mal
de ne pas nous parler ainsi, nous faisons mal de ne pas l'accepter".
J'ose espérer que les lecteurs du 21ème siècle, quelles que soient leur
religion et leur nationalité, aient la largeur d'esprit du Calife Umar (d.
644). Je les prie de bien vouloir me faire part de leurs réflexions et de
leurs remarques constructives.
Je signale, en outre, que je mets à la disposition des chercheurs et
étudiants toute la documentation en plusieurs langues que j'ai rassemblée
pendant sept ans sur ce sujet, à condition que leurs recherches ne soient
pas à caractère unilatéral. J'estime, en effet, qu'il n'est pas juste de
traiter la circoncision féminine sans la circoncision masculine, ou la
circoncision masculine sans la circoncision féminine.
Avant de terminer cette introduction, je souhaite exprimer ma profonde
gratitude pour celles et ceux qui ont corrigé ce texte et m'ont fait part
de leurs observations. Je nomme particulièrement mon frère le Père Raëd A.
Aldeeb Abu-Sahlieh, Seham Abd-al-Salam, Patrizia Conforti, John P. Warren,
Frederick Hodges, Alain-René Arbez, Agnès Lejbowicy, Jean-Claude Lüthi, Eva
Gonzàlez de Lara et Christine Bruchez. Je remercie aussi Me Linda
Weil-Curiel de m'avoir fait l'honneur de préfacer cet ouvrage, ainsi que
Mme Charlyne Vasseur-Fauconnet de l'avoir accueilli dans sa collection. Je
reste cependant l'unique responsable des erreurs et des opinions qui y sont
exprimées.

Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh
Ochettaz 17
1025 St-Sulpice, Suisse
e-mail: Sami.Aldeeb@isdc-dfjp.unil.ch

Edition en Anglais

MALE CIRCUMCISION AND FEMALE CIRCUMCISION
AMONG JEWS, CHRISTIANS AND MUSLIMS
RELIGIOUS, MEDICAL, SOCIAL AND LEGAL DEBATE
by Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh

Foreworded by Marilyn Fayre Milos, director of NOCIRC
Published by Shangri-La Publications
#3 Coburn Hill Rd.
Warren Center PA 19951, USA
circa 530 pages
ISBN 0-9677201-8-2, Cloth Handbound
ISBN 0-9677201 ??, Paperback

*** Orders are accepted by E-mail: shangri-la@egypt.net
*** Price: $44.50 US Cloth Handbound
*** Price: $36.00 US possible Paperback given demand
****** Pre-Publication subscription discount of 10% available until January
2002

This book is an English language revised edition of a book in two volumes
published in Arabic by Riad El-Rayyes in Beirut and prefaced by Dr. Nawal
Al-Saadawi. It is also available in French, as published by L'Harmattan,
Paris, 2001.
It is based on 600 sources in five languages: Arabic, English, French,
Italian and German

This book presents the religious, medical, social and legal debate among
Jews, Christians and Muslims over male and female circumcision. Decidedly
committed in favor of the abolition of these two practices, I nevertheless
try to give a fair and balanced account of divergent opinions.

Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh
doctor in law
Staff Legal Adviser for Arab and Islamic Law
Swiss Institute of Comparative Law
Lausanne, Switzerland
See the list of my publication at: http://go.to/samipage


Summary table of contents

Summary table of contents 11
General observations 13
Foreword by Marilyn Fayre Milos 15
Introduction 17
Part I - Definition and distribution of circumcision 23
Part II - Religious debate 35
Chapter I - Circumcision among the Jews 35
Section I - Male circumcision in Jewish holy books 36
Section II - Obligatory character of circumcision 42
Section III - Jews opposed to circumcision 55
Section IV - Jewish circumcision operation 77
Sub-section I - Bloody circumcision 77
Sub-section II - Non-bloody circumcision 97
Chapter II - Circumcision among Christians 104
Section I - Male circumcision in the Christian holy books 104
Section II - Position of the Church Fathers and theologians 112
Section III - Present debate among Christians 119
Section IV - Christian aberrations about circumcision 133
Chapter III - Circumcision among Muslims 142
Section I - Circumcision in the Koran 143
Section II - Circumcision in the sunnah of Muhammad 153
Section III - Circumcision in the previous prophets' laws 164
Section IV - Circumcision in the sunnah of Muhammad's successors 167
Section V - Position of the classic Muslim jurists 171
Section VI - Secondary arguments 173
Section VII - Consequences of circumcision 177
Section VIII - Muslim circumcision operation 183
Part III - The medical debate 193
Chapter I - Relationship between clergy and physicians 193
Chapter II - Trivializations and exagerations of circumcision 198
Chapter III - Circumcision and pain 202
Chapter IV - Health damages of circumcision 210
Chapter V - Sexual damages from circumcision 220
Chapter VI - Supposed health advantages of circumcision 237
Chapter VII - Foreskin restoration 272
Part IV - The social debate 279
Chapter I - From self-mutilation to cultural mutilation 279
Chapter II - Influence of the milieu on circumcision 288
Chapter III - Influence of religion on circumcision 294
Chapter IV - Circumcision and control of sexual instinct 298
Chapter V - Circumcision and marriage 303
Chapter VI - Circumcision in tribal and communal systems 312
Chapter VII - Circumcision and the instinct of domination 319
Chapter VIII - Circumcision and economic factors 331
Chapter IX - Circumcision and political factors 347
Chapter X - Psychological and social effects of circumcision 368
Chapter XI - Educational and psychological measures against
circumcision 381
Part V - The legal debate 391
Chapter I - Historical legal prohibition of male circumcision 391
Chapter II - International condemnation of female circumcision 396
Chapter III - National condemnation of female circumcision 403
Chapter IV - NGOs opposed to female and male circumcision 414
Chapter V - Circumcision and human rights 426
Chapter VI - Circumcision and medical dispensation 452
Chapter VII - Interdiction of circumcision between ideal and
feasibility 476
Chapter VIII - Circumcision and political asylum 493
Conclusion 503
Bibliography 505
Extensive table of contents 523


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