Contre l'excision et la circoncision


Un site à voir:
http://www.enfant.org

L'excision: un témoignage


A l'âge de trois ans, j'ai été excisée. En même temps, j'ai été scarifiée, c'est-à-dire qu'on m'a marqué le visage. Je n'ai pas de souvenir de cette sombre journée. Mais toute ma vie je me suis demandée pourquoi.

A mes sempiternelles questions, ma mère me répondait que c'était une tradition Soninké -mon ethnie- de scarifier et d'exciser les femmes:
"une femme qui ne l'est pas est impure. Elle ne peut ni se marier ni faire ses prières", me disait-elle. C'était sa seule explication. Puis elle finissait par dire: "Tais-toi, il ne faut plus parler de ces choses-là."
Je croyais donc que toutes les petites filles du monde subissaient l'excision. Mais à dix ans, j'ai découvert que je me trompais, car des copines Wolof, une autre ethnie du Sénégal, m'ont dit qu'elles savaient que j'étais excisée, contrairement à elles, et que ce n'était pas bien.
(....)

A quatorze ans, j'ai osé lui dire que je ne ferais jamais exciser ma fille, car c'était une affreuse coutume. "C'est une honte, m'a-t-elle dit. C'est le devoir d'une mère"
Je me suis mariée à 16 ans. J'étais promise depuis mes 8 ans, comme cela se fait malheureusement dans mon ethnie. J'étais terrifiée. Je ne voulais pas me marier. Mon mari
travaillait en France et faisait des allers-retours pour me voir. J'ai eu mon premier enfant à 19 ans. J'ai souffert le martyre. Tous mes accouchements ont été aussi abominables.

En 1983, j'ai rejoint mon mari en France. Loin de mon pays, j'ai commencé à déprimer. Alors, je me suis inscrite au centre social du quartier. Je voulais rencontrer d'autres femmes.

En 1994, une amie qui en faisait partie m'a parlé du GAMS, le Groupe des femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles et m'a poussé à assister à une conférence.
Des médecins y ont parlé de l'anatomie de la femme.

A 40 ans, je découvrais comment était formé mon appareil génital, et surtout la différence entre une femme excisée et non excisée.
En Afrique, personne ne parle jamais de sexe. Et là, j'ai ressenti une grande colère. Depuis longtemps, je rêvais de lutter contre cette pratique, pourtant j'ignorais les problèmes médicaux
qu'elle implique: les hémorragies, les douleurs abdominales, les accouchements difficiles et risqués...

Toute ma vie, j'ai vécu avec des douleurs insupportables au ventre. Et le soir de mes noces, j'ai eu tellement mal que je me suis évanouie.
Le sexe d'une femme excisée, c'est comme une plaie constante qu'on aspergerait d'alcool. Mais en Afrique, personne ne lie ces maux à l'excision.
D'ailleurs, les femmes ne peuvent faire de rapprochement, car elles ne parlent jamais de ça entre elles. Lorsqu'une mère ou un bébé meurt pendant l'accouchement, on dit que c'est Dieu qui l'a voulu, que les femmes sont nées pour souffrir.

Aujourd'hui, je milite dans le GAMS, je vais à la rencontre des familles africaines pour les convaincre de ne pas faire exciser leurs filles. Elles changent souvent d'avis lorsqu'on leur explique que leurs filles risquent de mourir pendant la "cérémonie".
Les mères sont étonnées d'apprendre que l'excision est la cause de leur propre souffrance. Les hommes musulmans, eux, acceptent de ne pas le faire quand ils apprennent que ce n'est pas inscrit dans le Coran.

Pour ma part, je n'ai pas eu à persuader mon mari, il trouvait déjà cette coutume abominable.
Je suis africaine et fière de l'être, mais une société doit évoluer. Il faut savoir garder les bonnes coutumes, celles qui participent à l'épanouissement de nos enfants et se séparer des autres.
Je ne me suis jamais sentie une femme à part entière. Ma chair est mutilée. Pour moi, le sexe n'est que douleur. Longtemps j'en ai voulu à ma mère. Je lui ai expliqué ce qu'était l'excision. Elle a compris, et mes soeurs n'ont pas fait exciser leurs filles."

Khadidia Diawara
Femme Actuelle 24-30 Mai 1999, p.22

Inutile de faire de longs commentaires.
Ce témoignage devrait confondre les tenants du "droit à la différence"

oOo

Voir l'ignoble article de Tobie Nathan justifiant l'excision et la réponse apportée à cet article :  Femmes africaines en colère dans l'article
Emmanuel Grez, « L'intolérable alibi culturel. L'excision et ses bonnes excuses » (416Ko)

paru dans le numéro 6 de la revue Quasimodo (http://www.revue-quasimodo.org/Index.htm) et publié en ligne sur ce site.

Chirurgie réparatrice : Dr Pierre Foldès, Clinique Louis XIV, F-78 St Germain en Laye.
Un dossier encourageant pour la lutte contre l'excision, mais où bien sûr rien n'est écrit contre la circoncision :
http://www.afrik.com/dossier191.html

Autre adresse (émanation des Raéliens !) :   http://www.clitoraid.org/news.php

La circoncision


La circoncision est un rite barbare qui devrait avoir disparu depuis longtemps. L'excision semble régresser en Afrique. La campagne récente d'Amnesty International contre l'excision ne se préoccupe pas de la circoncision. Ce n'est pas parce que la circoncision est instituée dans des textes dits "sacrés" qui faut la tolérer.
J'ai écrit à Amnesty International deux fois. Je n'ai eu aucune réponse. Tant que je n'aurais pas de réponse, je ne leur envois plus un centime.
J'écris aussi à la Ligue des Droits de l'Homme. (Copie de ma lettre ci-dessous).
La réponse éventuelle sera publiée ici.

Il faudrait interdire toute circoncision avant la majorité du garçon concerné, et ne la pratiquer que sur sa demande écrite.

Voir en annexe 3 le concours proposé par l'IHEU qui défend les droits des enfants contre les oppression religieuses, physiques et mentales.

Documents:

Vous trouverez des études très documentées contre l'excision et la circoncision dans les articles de Sami Aldeeb (juriste à l'Université de Lausanne):
http://www.fgmnetwork.org/samialdeeb
http://members.xoom.com/nonviolence/sami/Art-Index.html,
(je recommande son texte La circoncision masculine et féminine: notre sexe entre le marteau des dieux et l'enclume des traditions)
et un dossier très complet (en anglais) sur le site http://www.fathermag.com (lancer le moteur de recherche sur "circumcision").

Son livre: Male and female circumcision in the Jewish, Christian and Muslim
communities, religious debate
, 562 pages ( ISBN 1 85513 406 3), 15 US $
est publié par le meilleur éditeur arabe:
Riad El-Rayyes Books
Address: Sanayeh - Union Building
P.O.Box 113/5796 Beirut, Lebanon
Fax 00961 1 743 641

Il est paru en français (Ed. L'Harmattan).

(The foreword is written by the famous Egyptian Writer and Physician Nawal El-Saadawi; The book is dedicated to the victims of male and female circumcision and those who struggle to abolish male and female circumcision, Note de l'auteur:
Sami Aldeeb, Legal Adviser for Arab and Islamic Law
Swiss Institute of Comparative Law, Dorigny, CH-1015 Lausanne.)

Communiqué de S. Aldeeb: UNICEF makes implicit publicity in favor of male circumcision

I received a flyer against female circumcision from UNICEF-Switzerland. This flyer has been distributed to all the Swiss Families in French, German and Italian.

I have the French version with the title: L'excision: mutilation ou rite?

This flyer says about male circumcision: "This practice has hygienic advantages without hampering at all the normal function of the penis".

This is just one of many errors contained in the flyer. I wrote to UNICEF-Switzerland asking where they got their information? and whether they read the documents of the groups opposing male circumcision. I indicated them four homepages:

http://nocirc.org/index.html#directory

http://www.circumcision.org/

http://faculty.washington.edu/gcd/

http://www.cirp.org/nrc/

Please send a message disapproving this implicit publicity in favor of the mutilation of the male children to the following emails:

guc@unicef-suisse.ch, bip@unicef-suisse.ch, rum@unicef-suisse.ch, unicef@unicef-suisse.ch

Analyse par S. Aldeeb d'un livre (en anglais ; son auteur est juif ; ce n'est pas pour dire que seuls les juifs peuvent s'exprimer valablement contre la circoncision, c'est juste pour fermer la gueule, si possible, des rabbins.)

Des adresses:

1. Association contre la Mutilation des Enfants,
50 Bvd Jean-Jaurès, 92100, Boulogne
(BP 220, 92108 Boulogne Cedex), France,
Tel: (33) 1 48 25 79 56.
Site: http://www.enfant.org

2. National Organization of Circumcision Centers (NOCIRC),
P.O.Box 2512, San Anselmo, CA 94979-2512, U.S.A.,
Tel: (415) 488 9883. Fax: 415-488-9660

3. End the Horror of Infant Circumcision (ETHIC):
P.O.Box 42526, 1005 Columbia Street, New Westminster,
B.C., V3M 6H5, Canada.

4. Un site espagnol très documenté, celui de José Sánchez http://www.quediario.com/blogs/2156

Si vous connaissez d'autres adresses, merci de me les indiquer.

Annexe 1: La décirconcision est possible!
(Extrait du livre de S. Aldeeb, To mutilate in the name of Allah and Jehovah,
disponible sur ses sites, voir ci-dessus).

How to restore the foreskin

This title may cause laughter. It is actually a technique known in the past, notably in the
Hellenistic Period (323-30 B.C.) and the Roman Empire (27 B.C. to 140 A.D.). It is being revived in the United States.
This technique starts with the viewpoint that male circumcision is an affront to the physical
integrity and an impairment of the normal functioning of the male organ, especially when a
large part of the foreskin is amputated. This technique consists in stretching the skin of the
penis in order to compensate for the parts removed in circumcision. One must pull the skin of the
penis and tape it in place in the first stage before suspending metallic objects of a certain
fixed weight using surgical tape. The process takes about 15 months before the skin of the penis returns to the length it would have had had it not been circumcised.

Annexe 2: Une lettre. N'hésitez pas à vous en inspirer.

Lettre restée sans réponse malgré plusieurs envois.


M. le Président de la
Ligue des Droits de l'Homme
27 rue Jean Dolent,
F-75014 PARIS

Monsieur le Président


J'ai approuvé et soutenu financièrement la récente campagne d'AMNESTY INTERNATIONAL contre l'excision. Je ne doute pas que la Ligue des Droits de l'Homme s'y soit associée.
Cette campagne semble porter ses fruits puisque certains états africains ont commencé à légiférer contre cette pratique d'un autre âge.

Il me semble que la circoncision est du même ordre, même si ses effets sont moins néfastes, encore que non nuls. On trouve un argumentaire médical vigoureux contre la circoncision dans le livre du Dr G. Zwang, Histoire des peines de sexe, ed. Maloine, 1994, p.42-45, ainsi que dans les travaux de l'association américaine NOCIRC (adresse ci-dessus).
J'ai trouvé son adresse sur le serveur internet http://www.fathermag.com qui comporte de nombreux textes sur le sujet.

Il faudrait faire campagne auprès des législateurs pour leur faire voter des lois interdisant toute circoncision avant la majorité du garçon concerné, et ne la pratiquer que sur sa demande écrite.

L'article 41 du code français de déontologie médicale débute ainsi:
Aucune intervention mutilante ne peut être pratiquée sans motif médical très sérieux et, sauf urgence ou impossibilité, sans information de l'intéressé et sans son consentement.

Il est clair que le nouveau-né n'est ni informé et ni consentant et qu'il n'y a pas urgence.
Les motivations d'hygiène ne sont pas sérieuses.
La circoncision est pratiquée pour des raisons traditionnelles et/ou religieuses et vise à enfermer l'enfant "définitivement" dans une "communauté", à le marquer dans sa chair et non seulement dans son esprit, et à restreindre ses possibilités ultérieures de s'en affranchir.
Que cette mutilation soit prescrite dans des textes réputés "sacrés" (et qui reflètent des contextes historiques révolus) ne la valide pas pour autant au regard des Droits Humains qui leur sont supérieurs et qui fondent l'action exemplaire de votre association.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de toute ma considération.

B. Courcelle