La censure religieuse


Mise à jour: Janvier 2000

Sommaire: Larry Flynt / AGRIF / Racket épiscopal (février 1998) -- Croyances et Liberté / Religion = Censure / Index Librorum Prohibitorum.

Des associations créées pour censurer


La conférence épiscopale de France a créé l'association Croyances et Liberté afin d'ester en justice et "de protéger et de défendre les catholiques des atteintes à leurs sentiments religieux ou à leurs convictions religieuses, qu'ils pourraient subir par la voie de la radio, de la presse, du film, de la télévision, de l'image ou de tout autre support." (Note 97/0083 du Réseau Voltaire, 11.2.1997) Il s'agit de récupérer le terrain occupé par l'AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française, liée au Front National; voir ci-dessous en annexe ses procès contre Charlie-Hebdo) .
L'association Croyances et Liberté attend avec impatience le vote de la "loi Toubon" sur le racisme qui, dans l'état actuel du projet (AN 3045), vise à interdire les propos antireligieux ou "blasphématoires". Le terme "racisme" est souvent détourné: on parle de racisme anti-français, anti-chiens, anti-fumeurs. Ici, il s'agirait de "racisme anti-religieux". Cette loi vise à rétablir un "délit de blasphème", et ceux qui protesteront vont se retrouver aux côtés du Front National.
Consolation: nous pourrons néanmoins "blasphémer" Zeus ou Mithra, car il est peu probable qu'une association telle que l'AGRIF ou Croyances et Liberté porte plainte. (On peut espérer que ce projet, qui n'a pas été inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée élue en 1993 et dissoute en 1997, ne ressortira pas des oubliettes.)

L'AGRIF et une trentaine de catholiques ont réclamé l'interdiction de l'affiche du film "Larry Flynt" de M. Forman. Ils ont court-circuité Croyances et Liberté qui se réserve "pour de plus grands sujets". (Le Monde, 20.2.1997). Ça promet!
La représentante du ministère public a plaidé: "Nous sommes un pays chrétien [...]. On ne peut toucher à ses racines, à son éducation, à sa morale. [...] Le ministère public est là pour rappeler qu'il y a des limites, qu'on n'a pas en permanence à être choqué."
Ce faisant, elle néglige la loi de 1905 d'au moins deux façons:
- en affirmant une notion de "pays chrétien" étrangère à cette loi et à la Constitution,
- en admettant implicitement que "toucher" à une religion non chrétienne ne tirerait pas tant à conséquence; or la loi de 1905 met toutes les religions sur un pied d'égalité; elles doivent toutes être protégées de la même façon.

Elle dit plus loin que le rôle du ministère public est de nous protéger contre l' "agression permanente sur la voie publique." (Le Monde du 20.2.1997).
On notera le détournement du terme "agression": il ne s'agit que d'une "agression" morale. N'importe qui peut se dire agressé par n'importe quoi. Dans le contexte actuel de demande de sécurité contre tous les risques, physiques, écologiques, météorologiques, touristiques (pensez aux équipes de sauveteurs prêtes à intervenir à tout moment ce qui ne peut qu'encourager les touristes et les sportifs à faire des imprudences), demande qui s'adresse aux pouvoirs publics et aux assureurs, les protestations contre les "agressions" les plus diverses, sont bien reçues par l'opinion publique. Dans le cas présent, il s'agit de pousser l'opinion publique à réclamer encore plus de censure, souvent d'ailleurs au nom de la "tolérance" comme on va le voir.

Dans le rejet de l'action en référé, on trouve cet attendu pittoresque: "si l'acteur qui tient le rôle de L. Flynt figure dans la position d'un crucifié, il ne représente aucune ressemblance physique avec l'image douloureuse du corps affligé de J.-C. dans l'iconographie de la crucifixion." (Le Monde 22.2.1997) Donc, la croix est un symbole chrétien "protégé" (comme le logo d'une marque commerciale) à condition qu'il y ait dessus un cadavre sanguinolent avec un visage torturé de douleur! (Epilogue: M. Forman a fait retirer l'affiche de son film. Il fait un film sur la liberté d'expression, mais il s'incline devant la cabale cléricale!)

Notes: La loi du 29.12.1979 sur les publicités dans la rue affirme dans son article 1:
"Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser informations et idées, quelle qu'en soit la nature, par le moyen de la publicité." L'argument selon lequel une affiche de cinéma devrait être retirée parce qu'elle "choquerait" ou qu'elle contredirait certaines opinions est donc sans valeur de par cette loi. La liberté d'expression ne s'applique pas qu'aux films (qu'on peut ne pas aller voir) mais s'étend à leur publicité. Je n'ai pas vu citer ce point important dans les discussions sur les affiches de "Larry Flynt" (ou précédemment du film "Prêt-à-porter" ou celles de Bennetton).
Le Parlement Européen, dans sa résolution contre le racisme, la xénophobie et l'extrême droite "condamne toute forme de censure culturelle et toute attaque à la liberté d'expression et de création" (Réseau Voltaire, dépêche 97/0121 du 24.2.1997).

Racket épiscopal (février 1998)

L'association Croyances et Liberté a intenté un procès à Volkswagen pour une affiche utilisant "La Cène" de L. de Vinci.
Mais tout s'arrange avec du fric: en échange d'un don au Secours Catholique (montant non précisé), les évêques retirent leur plainte. L'argumentation de L.M. Billé, président de la conférence des évêques et de l'association est révélatrice:
" Toutes les firmes automobiles sont attentives à protéger leurs modèles des méfaits de la contrefaçon ou de la délinquance industrielle. Comment se fait-il que l'une d'elles ose ainsi s'emparer de ce qui ne lui appartient pas?" (Libération, 5.2.1998)

On remarquera que "La Cène" de Vinci est une oeuvre du domaine public et que personne ne peut en interdire l'utilisation;
que le mythe de Jésus-Christ est "propriété" de plusieurs religions et non de la seule catholique (le "détournement de mythe" est-il un nouveau délit?);
que la motivation des évêques --- détournement à leur profit de la campagne de publicité de VW et intimidation --- est transparente: ainsi dans Le Monde du 7.2, J.M. Lustiger écrit:
" Nous avons engagé une procédure sur le fond, sans demander que les affiches soient retirées": il cherche donc bien à utiliser les affiches en place (espérant susciter une vague d'indignation mais c'est raté) et se moque de "l'offense". Comme "fils de pub" il ne vaut pas mieux que ceux qu'il vilipende. D'ailleurs, les affiches de cet été: "L'espérance ne déçoit pas" étaient de la même veine mystificatrice que celles de la Française des Jeux.
J.-M. L. termine ainsi son article: " Fils de pub, vous faites sourire vos enfants avec les grimaces d'un Christ déguisé en VRP. Mais quelle culture empêchera vos petits-enfants de brûler vos voitures?"
Pour J.-M. L., académicien (!) et cardinal, la culture et la religion servent à empêcher de nuire les jeunes-des-banlieues, et à permettre aux nantis (il y a 30 ans, j'aurais écrit "bourgeois") de dormir en paix. Une conception digne de l'autre J.-M.L..

Toujours dans Le Monde (13.2.1998), C. Terras, directeur de Golias observe que l'association Croyances et Liberté est illégale, car son objectif déclaré: "protéger et défendre les catholiques des atteintes à leurs sentiments religieux ou à leurs convictions religieuses, qu'ils pourraient subir par la voie de la radio, de la presse, du film, de la télévision, de l'image ou de tout autre support." ne peut s'appuyer sur aucun texte juridique (en effet: "la République ne reconnaît aucun culte"). Cela permet également de comprendre le retrait de la plainte, par manque de base juridique solide.

L'association Croyances et Liberté pratique donc l'intimidation et l'extorsion de fonds, comme une famille mafieuse, certes avec des moyens non violents, mais non moins efficaces.
Bien entendu, Le Nouvel Obs(curantiste) applaudit par la plume de Delfeil De Ton!

Voir aussi l'affaire INRI.

Religion = Censure

Une religion se caractérise par un système d'interdits (voir l'ouvrage collectif présenté par Ch. Conte: "Mon Dieu, pourquoi tous ces interdits", Arléa, 1994) qui sert à délimiter un domaine sacré exclusif du domaine profane (voir aussi M. Eliade: "Le sacré et le profane", Collection Idées). Cette notion de domaine sacré concerne des lieux (consacrés), des temps (calendriers liturgiques), des images, des textes (réputés dictés par les dieux), des termes, des objets (reliques, ustensiles de culte).
Toute religion est donc par nature une censure dans la mesure où elle interdit l'utilisation de certains mots et images, ainsi que certaines activités, et donc aussi une prise de pouvoir au profit d'une caste, formée de gens qui d'une manière ou d'une autre prétendent imposer leurs vues, leurs règles, leurs traditions aux autres: pouvoir sur les actes et sur les pensées. (Pensez aux missionnaires qui se sont appliqués à détruire les cultures en Afrique et en Océanie.)
Les exemples de censures pour raisons strictement religieuses (et non de moralisme relayé par des groupes religieux) sont nombreux. Pensez aux films: "Je vous salue Marie", "Ave Maria", "La dernière tentation du Christ". Du côté musulman, on peut citer la fatwa contre l'auteur des "Versets sataniques" et l'affaire des versets du Coran utilisés sur une robe comme motif décoratif.
Le "délit de blasphème" est de nouveau réprimé (affaire "Barre à Mine", tribunal correctionnel de Nice, 30.6.94) par le biais d'une assimilation abusive de l'expression de points de vue antireligieux avec l'oppression pour raison d'appartenance religieuse et l'atteinte à la "dignité humaine". Le projet de loi AN3045 (cf ci-dessus) visait à l'intégrer comme tel dans le code pénal.

La privatisation de la censure

La censure est traditionnellement le fait de l'Etat. C'est en temps de guerre qu'elle opère le plus et le plus ouvertement. L'Etat assume directement la tâche de censeur sous la pression des groupes religieux lorsqu'il interdit le film "La religieuse" en 1966 ou plus récemment, lorsqu'il interdit le tournage en France de "La dernière tentation du Christ".
Maintenant, l'Etat se décharge de la censure sur les groupes de pression religieux, moraux, ou policiers. Il la privatise. L'article L 227-24 du nouveau code pénal prévoit la possibilité pour des associations de réclamer des dommages et intérêts et des interdictions. (Voir en annexe la réponse de J.-L. Debré qui laisse le soin aux catholiques de poursuivre le Réseau Voltaire.)
(Note: Ces remarques ne concernent pas les recours en justice de particuliers qui s'estiment diffamés ou atteints dans leur vie privée, mais seulement les recours faits au nom d'un groupe.)

L'idée sous-jacente est que la société est fragmentée en "communautés religieuses" qui ne doivent surtout pas s'heurter ouvertement, au nom de la "tolérance", douteux concept religieux, conçu comme antidote au retour de la Saint-Barthélemy. L'objectif est que personne ne dise rien, ne critique personne, n'utilise les symboles des autres (croix, étoile à six branches, etc...). C'est donc au nom de la "tolérance" que l'on veut limiter la liberté d'expression!

De plus cette limitation de la liberté d'expression n'est pas la même pour tous. L'Etat prétend ne jouer que le rôle d'un arbitre qui serait neutre. L'hypocrisie est flagrante, car les forces en présence sont inégales. Les opinions marginales sont étouffées. Et il est plus difficile de lutter contre un groupe de pression riche et bien organisé que contre le pouvoir de l'Etat, lequel suscite toujours la méfiance. Cette attitude de l'Etat est typique du "libéralisme".

Annexe 1: Les procès de l'AGRIF contre Charlie-Hebdo.

Août 93: attaque en diffamation suite à un reportage sur le pélerinage intégriste de Chartres. Condamnation en 1ière instance (12.94), relaxe en appel (6.95), attente du jugement en cassation (Charlie-Hebdo, 29.1.97).

Mars 94: attaque pour "appel à la haine religieuse contre les chrétiens" prenant pour prétexte des dessins sur la réforme de la loi Falloux et la défense de la laïcité. Condamnation en 1ière instance, relaxe en appel, attente du jugement en cassation (Charlie-Hebdo 19.2.97).

Février 1995: attaque pour "discrimination religieuse" suite à un dessin légendé comme suit: "Les commandos anti-IVG nous font chier, faisons comme eux dans les églises avec des commandos anti-Bon Dieu." 50000F de dommages-intérêts par le tribunal de grande instance, relaxe en appel, attente du jugement en cassation (Charlie-Hebdo, 5.3.1997).

Septembre 1996: attaque pour "racisme anti-chrétien" suite à un article de Ph. Val du no 211 titré: "Bienvenue au pape de merde". Affaire en cours (Charlie-Hebdo, 23.4.1997).

Dans un grand article sur l'AGRIF, Charlie-Hebdo du 18.6.1997 mentionne 5 procès. J'en ai raté un!
(Chronique arrêtée en 1998).

Annexe 2: "C'est aux catholiques de poursuivre le Réseau Voltaire."


En réponse à M. Meylan (PR) demandant le 16.9.1996 au gouvernement de poursuivre le Réseau Voltaire pour "garantir le respect de la liberté de culte en France et le pluralisme des valeurs morales" le ministre de l'Intérieur répond:
"Les critiques émises par plusieurs mouvements d'opinion à l'encontre de certaines religions et notamment de leurs orientations morales et spirituelles ne constituent pas des atteintes au libre exercice des cultes ainsi que l'atteste l'absence de toute protestation en ce sens des représentants de ces religions auprès des pouvoirs publics. Par conséquent, il n'appartient pas aux mêmes pouvoirs publics d'intervenir dans de tels débats dont seules les juridictions compétentes peuvent être éventuellement saisies lorsque les auorités des cultes représentés en France et les adeptes desdits cultes estiment qu'il a été porté atteinte à leurs convictions." (Réseau Voltaire, dépêche 96/0836 du 5.11.1996)
[Une conviction est une idée, donc est par définition hors de toute atteinte. On peut empêcher quelqu'un de s'exprimer, mais on ne peut pas "atteindre ses convictions". On peut bien sûr les critiquer publiquement, et c'est de cela qu'il s'agit. Mais la liberté d'expression assure de droit de critiquer les idées d'autrui. J.-L. Debré n'ose pas rappeler ouvertement le principe constitutionnel de la liberté d'expression.]

Annexe 3: l'Index


Reproduction de la premi╦re page d'une ╚dition de l'Index Le principe d'une liste de livres interdits a été adopté au concile de Latran en 1515, puis confirmé par le concile de Trente en 1546. La première édition de l'Index (Index Librorum Prohibitorum) date de 1557 publiée par le pape Paul IV. La 32ième édition, publiée en 1948 comporte 4000 titres. L'Index est supprimé en 1966.

Faute de pouvoir consulter en bibliothèque ce catalogue probablement imposant, j'ai lu l'ouvrage de

Ann Lyon Haight: Banned books, Informal notes on some books banned for various reasons at various times and in various places, 3rd ed., 1970, R.R. Bowker Co., New-York & Londres.
(Se trouve en bibliothèque universitaire) ainsi que:

Censures, De la Bible aux Larmes d'Eros, Ed. Centre G. Pompidou, Paris, 1987,

l'ouvrage de G. Minois sur la Science et l'église catholique et celui de C. Romane, cités dans ma bibliographie.

Le second de ces ouvrage répertorie 136 auteurs français ayant eu l'honneur d'être mis à l'Index, et indique assez précisément dates et titres. Par ordre chronologique et d'après ces différents livres, voici une petite liste (oc = oeuvres complètes; 1948 = se trouve dans l'édition de 1948)

Rabelais (oc),
Montaigne (Essais),
Descartes (oc en 1663, Méditations Métaphysiques et 6 autres livres, 1948),
La Fontaine (Contes et Nouvelles),
Pascal (Pensées, Provinciales),
Montesquieu (Lettres Persanes, 1948),
Voltaire (oc),
Rousseau (Du Contrat Social; La Nouvelle Héloïse, Emile),
Diderot (oc, Encyclopédie),
Helvétius (De l'Esprit; De l'homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation )
Casanova (Mémoires),
Sade (Justine, Juliette),
Lamartine (oeuvres diverses),
Sand (oc),
Mme De Stael (Corinne ou l'Italie),
Stendhal (Le Rouge et le noir, 1948),
Balzac (oc),
Hugo (Notre Dame de Paris; Les misérables jusqu'en 1959),
Sue (oc),
Flaubert (Mme Bovary; Salammbô),
Baudelaire,
Dumas père et fils (oc),
Zola (oc),
Maeterlinck (oc),
Renan (oc),
Pierre Larousse (Grand Dictionnaire Universel),
France (prix Nobel en 1921, oc à l'Index en 1922),
Gide (prix Nobel, oc à l'Index en 1952),
Beauvoir (Le deuxième sexe, Les mandarins),
Sartre (Prix Nobel (refusé), oc à l'Index en 1959).

On peut se demander à quoi ressemblait l'étude de la littérature dans les écoles religieuses!

Autres auteurs: P. Abélard, Erasme, E. Dolet (brûlé lui-même avec ses oeuvres en 1546), N. Machiavel, J. Calvin, Milton, Malebranche, Spinoza, J. Locke, Berkeley, Hume, Fénelon, Condillac, d'Holbach, d'Alembert, La Mettrie, Condorcet, D. Defoe, J. Swift, Swedenborg, L. Sterne, E. Kant, H. Heine, Sainte-Beuve, J. S. Mill, Lammenais, J. Michelet, Taine, Charles Fourier, P. Proudhon, G. D'Annunzio, H. Bergson, Ch. Maurras, F. Buisson, V. Cousin, L. Daudet, l'abbé M. Oraison (en 1953).

Sans surprise, on trouve à l'Index un grand nombre de théologiens et de traducteurs de la Bible (on s'en fiche) et d'historiens des religions: je citerai Richard Simon (17-ième siècle) dont l'Histoire critique du Vieux Testament inaugure l'étude critique des textes "sacrés" (reprise par E. Renan et beaucoup d'autres) et A. Loisy, (excommunié en 1908) l'un des très nombreux anciens séminaristes et prêtres défroqués qui sont passés du côté de la pensée libre.

Si vous avez des informations pour compléter cette liste, merci de me les communiquer (adresse sur la page d'accueil).

Annexe 4: Conseils des cardinaux au Pape Jules III à son élection en 1550.

La lecture de l'Evangile ne doit être permise que le moins possible surtout en langue moderne et dans les Pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d'en dire plus.
Tant que le peuple s'en contentera, vos intérêts prospéreront; mais dés l'instant qu'on voudra en lire plus vos intérêts commenceront à en souffrir.
Voilà le livre qui plus qu'aucun autre provoquera contre nous les rebellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, quiconque examine diligemment l'enseignement de la bible
et la compare à ce qui se passe dans nos Eglises trouvera bien vite les contradictions et verra que nos enseignements s'écartent souvent de celui de la bible et plus souvent encore s'opposent à celle-ci.
Si le peuple se rend compte de ceci, il nous provoquera jusqu'à ce que tout soit révélé et alors, nous deviendrons l'objet de la dérision et de la haine Universelle. Il est donc nécessaire que la bible soit enlevée et dérobée des mains du Peuple avec zèle, toutefois sans provoquer de tumulte.

(Bibliothèque Nationale Folio 1089 Vol. II page 641, 650. Référence Fonds Latin n° 12558 année 1550).


Autres documents:
Une base de donnée sur la censure religieuse ou politique (livres, films, dessins): http://fileroom.aaup.uic.edu/FileRoom/documents/Intro.html. (disparue ? Qui la ressucitera ?)
Sur ce site: loi de 1905, remarques sur la liberté d'expression, remarques sur la fabrication du sacré. INRI.


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