CAPES DE RELIGION

U.S. N° 547 du 02 JUIN 2001- Magazine du SNES- FSU

Le SNES avait déféré au Conseil d'Etat la décision de Claude ALLEGRE d'ouvrir un CAPES d'enseignement religieux dans les lycées et collèges publics, réservés aux catholiques et aux protestants en Alsace et en Moselle. En effet, les autorités de l'Etat et de l'Education Nationale ont fait croire depuis 1918 que les lois du Reich allemand du 10 juillet 1873 et du 16 novembre 1887 avaient institué l'obligation pour tous les élèves du second degré public de suivre un enseignement de religion, et dans les seules religions catholique, calviniste, luthérienne et juive.

Sur cette base, l'Inspecteur d'Académie de la Moselle s'était cru, par exemple, autorisé l'année dernière, à une mère d'élève dont la fille refusait cet enseignement, les allocations familiales, la menaçant en outre de poursuites pénales. Il n'est pas toujours aisé d'obtenir des dispense s : la circulaire de rentrée pour 2000-2001 du recteur de Nancy-Metz contraignait les parents à en faire la demande avant le 30 juin 2000, circulaire datée du 29 juin !

Le Conseil d'Etat, s'il rejette le recours du SNES dirigé contre le CAPES d'enseignement religieux, considère que les lois allemandes ne créent d'obligations qu'à l'égard de l'Etat, qui, selon lui, doit organiser partout la possibilité d'un enseignement religieux.

En revanche, cet enseignement, toujours selon le Conseil d'Etat, s'accompagne de la faculté ouverte aux élèves, sur demande de leurs représentants légaux, d'en être dispensés. Les dispenses doivent donc être accordées sur simple demande, à tout moment et de plein droit. Cette réinterprétation des textes allemands constitue une censure cinglante des pratiques de ceux qui présentaient jusqu'à présent l'enseignement religieux comme obligatoire pour tous les élèves. Le SNES se félicite de cette avancée vers davantage de laïcité.

Dans l'immédiat, il exige du Ministère et des recteurs qu'ils prennent sans délai toute disposition pour mettre en oeuvre, les principes rappelés par le Conseil d'Etat dès la rentrée 2001 et s'est exprimé en ce sens au Conseil Supérieur de l'Education. U.S. N° 547 daté du 02 juin 2001.

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