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Communiqué remis à la presse par l'UNEM de Besançon

Quelle orientation pour les Étudiants Musulmans de France ?

Présente depuis trois ans à Besançon (déclaration à la préfecture du Doubs du 16/05/94), l'Union des Étudiants Islamiques de France (UEISF) se paye le luxe de réserver l'espace Micropolis à Planoise. Après une semaine culturelle organisée en avril 95, l'UEISF, rebaptisée Étudiants Musulmans de France (EMF) en 1997, tient son 3e congrès culturel à Micropolis le 22 et 23 novembre 1997 sur le thème l'Islam, à l'épreuve de la mondialisation. D'aucuns pourront s'interroger sur la nature d'un congrès organisé par une association prétendant représenter les étudiants, qui ne fait pas la moindre place aux problèmes de l'Université française. L'EMF estime peut-être que ses adhérents ont d'autres centres d'intérêt que les études ?

L'antenne locale de l'EMF qui dispose d'un élu au CA du CROUS de Besançon (élections de 1996) prétend défendre les étudiants en situation précaire. Or, les frais d'inscription pour le seul congrès sont déjà de 100 francs.

Interrogé sur le changement de nom de l'EMF, le président de l'antenne bisontine déclara dans l'Est Républicain du 1/4/97 que « c'est un changement d'orientation qui veut dire notre volonté d'intégration dans l'espace laïc (sic) ». Comment respecter la laïcité quand certains adhérents de l'EMF ont exercé des pressions sur des jeunes filles d'origine maghrébine pour qu'elles portent le voile (cf. Le Monde du 18/11/95 et l'Est Républicain du 30/11/95) ? Peut-on respecter la laïcité quand le conférencier phare de ce 3ème congrès, Tareq Ramadan, n'est autre que le petit-fils de Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans en Égypte en 1928 ? Cette formation s'est distinguée dans le monde arabo-musulman en prônant un Islam obscurantiste qui a abouti à des régimes politiques totalitaires (Arabie Saoudite, Soudan, etc.) et en incitant à la guerre civile comme en Algérie ou en Égypte. Tareq Ramadan, président de l'association Musulmans, Musulmanes de Suisse, ne s'est-il pas distingué dans Le Monde du 13/10/94 par un article affirmant « que la présence musulmane en France demandait des adaptations du cadre de la laïcité ».

Qui se cache réellement derrière cette organisation ? La facture de la location de l'espace Micropolis pour le week-end du 22-23 novembre s'élève, selon le tarif officiel, à 25 622 francs hors taxes. Ce que l'EMF débourse en deux jours correspond au budget moyen de deux ans d'une organisation étudiante active comme l'AGEB-UNEF ou l'UNEF-ID. Comment font-ils pour débourser une pareille somme pour les locaux, d'autant que leurs invités viennent de loin (Arabie Saoudite, Genève, Bordeaux, Paris) ? S'ils fonctionnent, à l'image des autres organisations, avec 50 adhérents et une adhésion de 80 francs, sans subvention de l'université ou des collectivités locales, leur budget ne leur permet pas une pareille fantaisie.

L'Union Nationale des Étudiants du Maroc (UNEM) pense que l'EMF n'est pas une organisation étudiante syndicale ouverte à tous, mais bien une organisation confessionnelle pratiquant le prosélytisme. L'EMF ne se bat pas pour l'intérêt général des étudiants, mais veut former des ghettos confessionnels. Cette orientation s'oppose aux idéaux de laïcité qui doivent prévaloir dans les milieux scolaires et universitaires. Elle met un frein aux possibilités d'intégration des jeunes beurs en les ghettoïsant, tout en donnant des arguments à l'extrême droite française.

Union Nationale des Étudiants du Maroc (UNEM)

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