Du bonobo aux sciences sociales

par le professeur Lebolabeau

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Un lieu commun inventé par nous-mêmes dit que nous sommes l'être vivant qui a la plus forte sexualité de toute la Création.

Pourtant ce sujet de fierté légitime doit être tempéré par les découvertes récentes de scientifiques indépendants qui rapportent qu'un singe du Zaïre, le bonobo, est capable de jouir plus de 50 fois par jour pour la plus grande satisfaction de ses partenaires quelque soit leur sexe, car le gaillard n'est pas regardant. Le bonobo, en effet, utilise la sexualité pour atténuer et même évacuer tous les conflits qui peuvent survenir au cours de sa vie en société. C'est malin et nous pouvons légitimement en concevoir une certaine jalousie et regretter amèrement que la plupart des exploits amoureux de nos contemporains ne se produisent qu'en parole et non en actes concrets.

Nous imaginons en effet sans mal qu'un tel débordement d'activité sexuelle ne laisserait pas plus de temps à une troupe de légionnaires pour creuser des puits atomiques à Moruroa qu'à un barbu pour poser sa marmite dans les toilettes. Si le monsieur bonobo n'a pas découvert la bombe H, on comprend aisément que ce n'est pas par manque d'intelligence, mais principalement parce que les dames bonobos lui accordent trop peu de loisirs pour traîner dans les bars ou dans les labos. C'est pourquoi, malgré son extraordinaire compréhension des problèmes sociaux, il n'a finalement inventé ni le bistrot où se réfugient les amants éconduits, ni la guerre comme échappatoire à ses échecs sentimentaux.

Vous allez dire, « Oui, mais le sida ? » Eh bien j'affirme que dans une société où la sexualité s'exprime librement et avec tout le monde, les maladies sexuellement transmissibles ne peuvent pas exister ! Le raisonnement est simple : si une telle maladie attaque un bonobo, il la refile illico à tous les autres et le groupe disparaît tragiquement en peu de temps. Donc si nous continuons à en parler aujourd'hui, c'est qu'il y a des survivants ayant développé des défenses immunitaires et ceux-ci, résistants à la maladie, n'ont aucune raison de changer leur charmante habitude. Nous aboutissons donc à la conclusion irréfutable que la partouze est le meilleur rempart à la maladie, à condition que tout le monde y passe.

Pourtant tel n'est pas l'essentiel de notre propos. Car curieusement, cette analyse va nous permettre enfin d'élucider une énigme importante de l'histoire de l'humanité, à savoir : qui, du curé ou de la vérole, est apparu le premier ? Pour cela, rappelons que les curés prétendent réduire le nombre de rapports sexuels au nombre d'enfants qu'on doit avoir tout en limitant au maximum ce qu'ils appellent le vagabondage. Selon nos réflexions précédentes, cette attitude contre-nature va favoriser les maladies qui vont se développer, ce que l'observation nous montre sans ambiguïté.

Les maladies sexuellement transmissibles sont donc la conséquence de la morale des curés et nous tenons la preuve que ceux-ci sont apparus avant elles ! Les esprits chagrins diront qu'il est possible que l'homme n'ait jamais eu le comportement du bonobo ce qui entre parenthèse contredit certains de leurs propos, et donc que les maladies se sont développées naturellement. Nous répondrons que cette hypothèse, (qui veut blanchir le rôle des curés), nie une part fondamentale de l'enseignement religieux, à savoir l'existence du Paradis originel ! Que pouvaient bien y faire les premiers hommes ?

À ce stade de la réflexion, il semble que les enjeux sont clairs et nous laissons à chacune et à chacun le soin de trancher et d'adopter le comportement qui lui convient. Mais il faut faire vite car les bonobos sont en voie de disparition et c'est l'ultime tentative pour dissimuler les preuves !

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